Pour un monde sans torture ni peine de mort !
Accueil    >    Agir    >    Appels à intervention    >    Appels des mois précédents    >    Appel urgent (juillet 2015) - Ouzbekistan
Appel urgent (juillet 2015) - Ouzbekistan

Une militante, victime de violences sexuelles.
(Intervenir avant le 25 juillet 2015)

Ce jour-là, elle avait observé le recours au travail forcé dans les champs de coton.
Elena Ourlaïeva, présidente de l’ONG Alliance des droits humains d’Ouzbékistan été arrêtée le 31 mai et soumise pendant plusieurs heures à de multiples actes de torture, des violences sexuelles et des humiliations, dans un poste de police de Chinaz, ville située non loin de Tachkent. Les policiers ont saisi son ordinateur portable et son appareil photo numérique.
L’un des policiers l’a frappée à la tête, exigeant la carte mémoire de son appareil photo, qui contenait des preuves de violations qu’elle avait photographiées. D’autres policiers (tous des hommes) criaient et juraient contre elle, en la traitant d’« agent des États-Unis », de traîtresse, l’accusant d’avoir vendu des secrets du gouvernement ouzbek à des pays étrangers. Ensuite, ces mêmes agents ont convoqué au poste de police des auxiliaires médicaux, qui lui ont administré trois injections narcotiques. Celles-ci l’ont rendue léthargique. Elle a été déshabillée entièrement et soumise à deux examens. Une femme médecin a d’abord procédé à un examen interne de ses organes génitaux pour y retrouver la carte mémoire. Cette fouille n’étant pas concluante, des policiers l’ont placée de force sur une chaise, l’ont tenue par les bras et les jambes pendant que le médecin lui insérait un spéculum dans les entrailles, un examen qui s’est révélé sanglant. Elle a ensuite été conduite à un hôpital local pour une radiographie du thorax et de l’abdomen. À l’issue de cet examen, les policiers lui ont refusé l’autorisation de se rendre aux toilettes, l’obligeant à uriner sur la pelouse de l’établissement. Ils l’ont filmée, photographiée et menacée de publier ces images sur Internet si elle se plaignait de son traitement.
Le lendemain, 1er juin, Elena Ourlaïeva a manifesté devant le ministère de l’Intérieur, à Tachkent, brandissant une pancarte sur laquelle elle demandait que les responsables des actes humiliants et cruels qu’elle avait subis, soient traduits en justice. Des agents de sécurité sont alors sortis du bâtiment et l’ont conduite dans un bureau où elle a rédigé une plainte.

Le combat de Madame Elena Ourlaïeva

Madame Ourlaïeva fait partie des rares défenseurs des droits humains travaillant encore en Ouzbékistan. Elle mène des investigations et écrit des articles. A l’instar d’autres défenseurs, elle a dénoncé les conditions de travail dans les champs de coton, soulignant le recours au travail forcé au moment de la récolte. Les autorités ne veulent pas que de telles informations soient connues de la communauté internationale. Selon elles, les allégations de travail forcé et de conditions de vie dégradantes pour les saisonniers recrutés pour la récolte sont répandues par des pays concurrents avides de manipuler le marché mondial du coton. En 2013, elles ont accepté les inspections d’observateurs indépendants de l’Organisation internationale du travail (OIT). Or, les inspecteurs de l’OIT étaient accompagnés par des représentants du gouvernement. En outre des défenseurs des droits de l’homme ont signalé que les autorités avaient transmis aux saisonniers des instructions précises concernant leurs réponses aux inspecteurs.

Rappel : mauvais traitements tant qu’on en voudra

L’Ouzbékistan est l’un des États les plus autoritaires au monde. Il viole à tour de bras les droits humains. Les restrictions du droit à la liberté de réunion, d’association et d’expression sont considérables, les actes de torture et mauvais traitements infligés aux détenus, constants. Des défenseurs des droits humains, des détracteurs du gouvernement et des journalistes indépendants influents ont été contraints de quitter l’Ouzbékistan afin d’échapper aux arrestations ou au harcèlement. Beaucoup continuent d’être importunés à l’étranger.
A l’intérieur du pays, système pénal et pouvoirs publics placent les mauvais traitements au coeur des procédés utilisés pour jeter l’opposition dans l’ombre, combattre les menaces présumées contre la sécurité, conserver le pouvoir intact.
Selon les informations recueillies par Amnesty, les humiliations sexuelles occupent une place importante dans l’arsenal des tortures. Par exemple, des personnes sont entièrement dévêtues et obligées de se tenir debout devant des membres des forces de sécurité et d’autres détenus, qui les accablent d’obscénités ou de railleries à caractère sexuel.

Voir :https://www.amnesty.org/en/documents/eur62/1086/2015/en/. Secrets et
mensonges. Des « aveux » extorqués sous la torture en Ouzbékistan
(https://www.amnesty.org/fr/documents/eur62/1119/2015/fr/).
L’Ouzbékistan a ratifié le PIDCP et la Convention contre la
Torture des Nations unies.

  Imprimer

Documents joints