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Appel Urgent (Septembre 2016) - CAMEROUN

Disparitions forcées à répétition au nord du Cameroun

Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie. »
Ps 18

Word - 13.5 ko

Intervenir avant le 03/10/2016

Lors de la “longue nuit” du 27 au 28 décembre 2014 à Maroua (nord du Cameroun), 200 hommes et garçons sont arrêtés dans les villages de Magdeme et Doublé, au cours d’une opération de ratissage menée dans la journée par les forces armées. Ils seront entassés dans deux cellules improvisées de la gendarmerie, où ils revivront mentalement les images de leur arrestation, pendant laquelle au moins 9 personnes ont été tuées par balles, et de nombreuses autres ont été violentées. Quelques heures plus tard, un gaz envahit l’une des deux pièces, provoquant des vomissements, des saignements de nez et des difficultés respiratoires chez les détenus. Au petit matin, au moins 25 personnes sont retrouvées mortes. 45 survivants sont immédiatement transférés à la prison de Maroua. Les 130 restants ont disparu depuis désormais un an et demi.

Un pays déstabilisé par Boko Haram

En toile de fond de cette opération, on trouve la lutte contre Boko Haram et ses soutiens réels et supposés au sein de la population musulmane du nord du pays. Dès 2004, Boko Haram a fait du nord Cameroun une base arrière de ses activités criminelles au Nigeria. Pendant près de 10 ans, les autorités camerounaises ont accepté sa présence et le recrutement de milliers de combattants dans ses rangs. Mais depuis 2013, sous la pression internationale, le Cameroun a opéré un changement de politique. La guerre est alors déclarée : tandis que les forces armées camerounaises arrêtent les membres de la secte et démantèlent ses réseaux d’approvisionnement, Boko Haram massacre les villageois, met en scène des attentats-suicides, recrute des enfants soldats. Les autorités camerounaises développent ainsi des opérations de contrôle au sein de la population - notamment dans la communauté Kanuri, qui vit de part et d’autre de la frontière avec le Nigeria, et qui fournit le gros des troupes de Boko Haram.

Ravages de la lutte antiterroriste

Depuis plus de deux ans, des milliers de citoyens camerounais, soupçonnés de proximité avec Boko Haram, auront fait l’objet de violences : arrestations de masse, exécutions sommaires, disparitions forcées, actes de torture, morts en détention… Les organisations de défense des droits de l’homme alertent, mais les autorités nient les faits, ou accusent les journalistes et défenseurs des droits camerounais et étrangers de faire obstacle à la lutte antiterroriste. Ils sont ainsi menacés d’être accusés d’« apologie du terrorisme », crime passible de 15 à 20 ans d’emprisonnement. Aujourd’hui, l’impunité demeure, les disparitions forcées se multiplient… Et les familles continuent à réclamer justice.

Le pays est partie au PIDCP et à la Convention contre la Torture de l’ONU.

Nous vous à adresser une copie du modèle de lettre ci-joint aux autorités dont l’adresse se trouve sur la lettre. Affranchir à 0,72€ pour la Belgique et à 1,32€ pour l’international.
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