Pour un monde sans torture ni peine de mort !
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Intention de prière
Seigneur, en monde où la violence se déchaîne, fais de nous des artisans de paix, des bâtisseurs d’amour.
Viens mettre le baume de ton Amour sur le cœur de tous ceux qui souffrent ;
qui sont en manque de repères,
ceux qui sont maltraités, torturés et de leurs bourreaux.
Nous t’en prions.
Appels à intervention
Appel du mois d’avril 2015 – Angola

Deux défenseurs en détention au Cabinda

Intervenir avant le 15/05/2015

José Marcos Mavungo et Arao Bula Tempo sont détenus arbitrairement dans la province du Cabinda, une enclave de lʼAngola située entre le Congo et la RDC. Leur tort est dʼavoir organisé une manifestation – qui nʼa pas été autorisée et qui nʼa pas pu avoir lieu – en vue de dénoncer les violations des droits de lʼhomme et la gestion des fonds publics dans la province.

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Arao Bula Tempo (gauche) et José Marcos Mavungo (droite)

José Marcos Mavungo, ancien membre de lʼorganisation de défense des droits de lʼhomme Mpalabanda – arbitrairement interdite par les autorités en 2006 – a été arrêté le 14 mars 2015 dans lʼenceinte dʼune église où il allait assister à une messe. Ce jour-là, il devait animer lʼaction de protestation pacifique. Mais cette manifestation a été interdite par le gouverneur de Cabinda. Selon ce dernier, cette manifestation représentait «  un manque de respect et de considération envers la population et les institutions gouvernementales ».

Maître Arao Bula Tempo, avocat et président du conseil provincial de lʼAssociation du barreau de lʼAngola au Cabinda, a été arrêté le même jour, à proximité de la frontière avec le Congo où il se rendait pour y recevoir des soins. Une semaine plus tôt, le 6 mars, il avait prononcé un discours dans lequel il soulignait la nécessité de garantir lʼindépendance des avocats à Cabinda et dans dʼautres régions de lʼAngola.

Le 16 mars, José Marcos Mavungo a été inculpé de « sédition ».

Ces deux défenseurs des droits de lʼhomme nʼont commis aucun délit. Ils ont simplement usé de leur droit à la liberté dʼexpression, reconnu par la Constitution angolaise, dans une province en proie à un conflit de basse intensité depuis 1975.

Contexte : un conflit de basse intensité

L’enclave de Cabinda, riche en pétrole, est le théâtre de troubles séparatistes depuis son annexion par l’Angola en 1975, après l’indépendance de cette ancienne colonie portugaise. Un accord de paix a pourtant été signé en 2006 entre les autorités angolaises et Antonio Bento Bembe, le dirigeant d’une des branches du Front pour la libération de l’enclave de Cabinda (FLEC). Mais cet accord a vite été dénoncé par d’autres factions du mouvement indépendantiste, par des membres de la société civile et des membres du clergé. Depuis lors, la province du Cabinda reste en proie à un conflit de basse intensité entre lʼarmée angolaise et les indépendantistes qui continuent de mener des actions de guérilla sporadiques contre l’armée angolaise. Dans ce contexte, le gouvernement angolais maintient une présence militaire forte dans l’enclave, dʼautant plus que ce territoire stratégique produit 60 % du pétrole de l’Angola. La majeure partie des 400 000 habitants vit dans la pauvreté et ne profite pas de lʼargent du pétrole.

Restriction du droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion

Il nʼexiste plus aucune association de défense des droits de lʼhomme en mesure de travailler librement au Cabinda. Lʼassociation Mpalabanda Associação-Cívica de Cabinda (association civique du Cabinda) a été interdite le 20 juillet 2006 par le tribunal provincial du Cabinda l’accusant, sans preuves, d’incitation à la violence. Mpalabanda avait été créée le 14 mars 2004. Elle était la seule organisation de défense des droits de lʼhomme active au Cabinda. Elle enquêtait sur les violations des droits de lʼhomme commises par toutes les parties au conflit. En août 2006, les représentants de Mpalabanda ont interjeté appel devant la Cour suprême à Luanda. Jusquʼà ce jour, les autorités judiciaires n’ont pas donné suite à cet appel et aucune audience n’a été programmée. En novembre 2011, d’anciens membres de Mpalabanda, ainsi que d’autres défenseurs des droits de lʼhomme et représentants de la société civile, ont signé une pétition demandant à la Cour suprême d’examiner l’appel de Mpalabanda, déposé en 2006, et la lui ont envoyée. Depuis lors, pratiquement plus aucune information ne sort de la province.

(Source ACAT France)

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