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Appel du mois de Janvier 2015 - Angola

Une activiste politique torturée par la police pour avoir manifesté pacifiquement contre le pouvoir - Intervenir avant le 30/01/2015

Le 23 novembre 2014, Laurinda Gouveia, étudiante et membre du collectif Central Angola 7311 – groupe de jeunes militants hostiles au président angolais José Eduardo dos Santos au pouvoir depuis 34 ans – a été torturée durant deux heures.
Laurinda Gouveia a été arrêtée par la police alors qu’elle filmait trois autres activistes de Central Angola 7311, qui manifestaient à Luanda, en hommage à un militant politique tué un an plus tôt par la garde présidentielle.

Un policier lui a arraché son téléphone des mains. Un autre l’a frappée au visage. Laurinda a ensuite été traînée par les cheveux jusqu’à un véhicule de police, puis conduite à l’Institut commercial de Luanda, Alors qu’elle était menottée, un officier supérieur de la police a hurlé : « Oh toi, sale p***, tu es là pour mettre le bordel », puis l’a frappée au visage. Les six policiers et agents des services de renseignements présents l’ont ensuite rouée de coups avec des matraques, des câbles et des barres de fer. La jeune femme s’est évanouie à plusieurs reprises au cours de son calvaire qui a duré deux heures.

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Laurinda Gouveia

Les policiers l’ont finalement jetée, inconsciente, sur la chaussée à 300 mètres du lieu où elle avait été torturée. Des passants l’ont emmenée à l’hôpital public. Le lendemain, elle a été admise dans une clinique privée.

Au cours de la séance de torture, les policiers lui ont fait comprendre qu’ils connaissaient son identité et son adresse et l’ont menacée de revenir pour la tuer si elle poursuivait ses activités politiques.

Un régime autocratique au pouvoir depuis 1979

Depuis la fin de la guerre civile en 2002, l’Angola est en pleine reconstruction. Sa croissance économique impressionnante et son influence politique voire militaire sur ses voisins congolais (RDC et Congo-Brazzaville) lui ont permis de redevenir une puissance géostratégique majeure dans la région. Mais sur le plan interne, peu d’efforts ont été consentis par le régime pour améliorer la situation des droits de l’homme favoriser l’ouverture démocratique et la bonne gouvernance dans le pays. le président, José Eduardo dos Santos est au pouvoir depuis 1979. Son clan- famille et généraux- ont amassé une grande fortune grâce à leur mainmise sur le pays.

Une frange de la jeunesse contestataire

Les mouvements d’opposition politique au sein de la jeunesse, font l’objet d’une répression continue. Depuis mars 2011, plusieurs manifestations pacifiques organisées à Luanda pour réclamer une alternance politique ont été réprimées avec une force excessive. De nombreux jeunes ayant assisté à de tels événements, ont été intimidés, enlevés, frappés et torturés par des hommes armés, souvent en civil, qui sont vraisemblablement des membres des services de sécurité de l’État. Les membres du collectif Central Angola 7311, particulièrement, ont été la cible d’agressions en marge de ces manifestations.

Une police autorisée à user de la violence

Le règlement disciplinaire en vigueur au sein de la police nationale autorise l’usage de la violence et des mauvais traitements en cas de résistance, de fuite ou de tentative de fuite. Il autorise également l’usage des armes à feu lorsqu’un supérieur le demande pour maintenir l’ordre public ou procéder à des arrestations.

(Source ACAT France)

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