Pour un monde sans torture ni peine de mort !
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Intention de prière
Seigneur, en monde où la violence se déchaîne, fais de nous des artisans de paix, des bâtisseurs d’amour.
Viens mettre le baume de ton Amour sur le cœur de tous ceux qui souffrent ;
qui sont en manque de repères,
ceux qui sont maltraités, torturés et de leurs bourreaux.
Nous t’en prions.
Appels à intervention
Appel urgent (Janvier 2017) - CHILI

« Procès vicié » et préventive prolongée

« Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront... » PS 70-72

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Intervenir avant le 09/02/2017

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La Machi (autorité spirituelle mapuche, sorte de chamane) Francisca Linconao Huircapan mène actuellement une grève de la faim. Elle est en détention préventive depuis le 30 mars 2016. En vertu de la loi antiterroriste, elle est jugée, avec 10 co-accusés indigènes, pour incendie volontaire ayant entraîné la mort d’un couple, les Luchsinger-Mackay. Selon les plaignants, l’infraction revêt un caractère terroriste. Cependant la procédure est entachée d’irrégularités. Par exemple, le témoin principal a déclaré au tribunal que les faits relatés dans sa déclaration étaient tronqués, son témoignage étant le résultat de la lourde pression exercée sur lui lors des enquêtes policières.
Francisca Linconao est une Machi reconnue qui a su utiliser les canaux institutionnels pour des actions emblématiques visant la préservation des sites sacrés mapuches, antérieurs à l’installation des plantations forestières. Ses avocats ont sollicité le remplacement de la détention préventive par un régime de résidence surveillée auprès de la Cour de Temuco. Mais la requête a été rejetée en appel. Pour la détention à domicile la loi antiterroriste exige l’unanimité de la Cour qui, le cas échéant, n’a pas été atteinte. Sa requête rejetée pour la quatrième fois, le 22 décembre, Francisca Linconao a commencé une grève de la faim et de la soif.
A son entrée en prison, déjà, la Machi ne pesait que 48 kilos si bien qu’elle a développé diverses pathologies, requérant son transfert en milieu hospitalier. Les rapports médicaux de ces derniers jours sont pessimistes : la grève de la faim met sa vie en danger.

Usage arbitraire de la loi antiterroriste

L’usage de la législation anti-terroriste pour poursuivre les contestataires mapuches a été condamné par la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIDH). Dans son jugement du 29 mai 2014 -affaire Norin Catriman-, la Cour accuse le gouvernement d’avoir violé les droits de huit défenseurs mapuches. Dans cette loi N°18.314 qui consacre la suspicion terroriste, le principe de légalité et le droit à la présomption d’innocence sont foulés aux pieds. En accréditant des témoins anonymes, en n’autorisant pas la contradiction, le Chili ne garantit pas le droit à une procédure régulière. L’arrêt Catriman rappelle au Chili que la détention de membres des communautés autochtones doit impérativement être évitée. Dans le cas de F. Linconao, la détention de la Machi constitue une violation du droit à un procès équitable et sa vie est en danger.

Réponse aux revendications mapuches.

La population indigène au Chili constitue 4 à 6% de la population. L’ethnie majoritaire mapuche - peuple originaire du centre et du sud du pays- revendique inlassablement des droits territoriaux et culturels, niés non seulement par le régime militaire, mais aussi par tous les gouvernements ultérieurs, qui ont accentué le modèle économique établi par Augusto Pinochet. Depuis 1992, un mouvement foncier, culturel et social mapuche se dessine. L’État chilien y répond par la répression et la criminalisation : interventions policières abusives, harcèlements judiciaires et mauvais traitements.
Des militants mapuches sont poursuivis pour « incendies, menaces ou associations illicites terroristes, en particulier lors de la vague de violences et d’occupations de fermes en 2008-2009. Créée pour juguler l’opposition politique sous M. Pinochet, la loi antiterroriste, subordonnée à la justice militaire, permet le recours à des témoins "protégés" (anonymes) et prévoit des sanctions très lourdes. Les personnes arrêtées sous couvert de cette loi risquent donc d’être condamnées par des témoins anonymes. Malgré les promesses de l’État d’abandonner les plaintes pour terrorisme, bien des suspects ont croupi dans les maisons d’arrêt (centres d’incarcération préventifs) du pays pour des débordements survenus lors de manifestations sociales.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3b/Pueblos_indigenas_de_Chile.svg sur la distribution
des populations préhispaniques au Chili

Le Chili a ratifié la convention contre la torture de l’ONU, la convention contre toutes les formes de discrimination raciale et les deux Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques.

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