Pour un monde sans torture ni peine de mort !
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Intention de prière
Seigneur, en monde où la violence se déchaîne, fais de nous des artisans de paix, des bâtisseurs d’amour.
Viens mettre le baume de ton Amour sur le cœur de tous ceux qui souffrent ;
qui sont en manque de repères,
ceux qui sont maltraités, torturés et de leurs bourreaux.
Nous t’en prions.
Appels à intervention
Appel urgent Décembre 2014 n°2014/99 - Vietnam

Traitement inhumain en prison - Intervenir avant le 01/01/2015

Dang Xuan Diêu est maintenu à l’isolement depuis plusieurs mois. Constamment, il subit des sévices physiques et psychologiques. Il purge actuellement une des plus longues peines au Vietnam pour des raisons politiques. Arrêté en juillet 2011, il a été condamné en janvier 2013, avec d’autres militants, à 13 ans de détention pour « tentative de renversement du gouvernement ». Il a assisté à un atelier organisé à Bangkok par l’organisation interdite Viet Tan. Viet Tan a mené, dans les années 1980, un mouvement de résistance contre le gouvernement communiste mais milite dorénavant pacifiquement pour la réforme politique et les droits de l’homme au Vietnam.

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Procès d’activistes au Vietnam

Récemment, un de ses anciens codétenus était libéré et révélait le triste sort de Dang Xuan Diêu. Celui-ci est soumis à des traitements inhumains et dégradants en prison, après avoir protesté contre le traitement qu’il subissait en détention.
Dang Xuan Diêu a été forcé de dormir et de manger près de ses excréments. Privé d’accès à l’eau potable, de douches régulières et d’une alimentation suffisante, il a été régulièrement battu par les gardiens de la prison. Il a effectué des grèves de la faim prolongées depuis le début de l’année afin de réclamer un meilleur traitement. En représailles, les autorités carcérales ont fait en sorte qu’il se fasse battre et soit traité comme un esclave par d’autres prisonniers. Il a dû, à plusieurs occasions, poser devant d’autres prisonniers qui l’humiliaient . Sa famille ne peut lui rendre visite. Il reste maintenu à l’isolement depuis avril 2014. Le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire considère que sa détention est arbitraire et illégale. L’ACAT et d’autres ONG se sont mobilisées à plusieurs reprises en sa faveur. En mai 2014, il écrivait : « Je m’adresse à ma famille. S’il vous plaît demandez que toutes les organisations et tous ceux pour qui la Justice et la Vérité ont un sens s’expriment en ma faveur.  »

Avant son arrestation, Dang Xuan Diêu exerçait le métier d’ingénieur et dirigeait une communauté, se démenant pour que les étudiants de milieu défavorisé accèdent à une formation. Il collaborait au Vietnam Redemptorist News.

Autoritarisme et législations liberticides

Le gouvernement vietnamien érige systématiquement en infraction l’expression pacifique d’opinions divergentes. Il utilise à outrance les articles 88 (« propagande contre la République socialiste du Vietnam ») ou 79 du code pénal (« activités visant à renverser le gouvernement populaire ») pour faire taire les voix dissidentes. De nombreux citoyens engagés (écrivains, avocats, syndicalistes ou membres de groupes religieux) ont été arrêtés ces dernières années. Les comités populaires de province et de district peuvent détenir de 6 mois à 2ans, sans procès ni contrôle judiciaire, « les personnes qui ont violé la législation sur la sécurité et l’ordre social ». Ces dispositions encouragent la torture et les mauvais traitements des dissidents.
Si les autorités sanctionnent les journalistes ou blogueurs diffusant des « informations interdites, non conformes aux intérêts du peuple », de nombreux citoyens, agriculteurs et commerçants, sont victimes d’expropriations illégales. Ces « citoyens lésés » (Dan oan), spoliés par les autorités locales de leurs propriétés, ne sont que rarement dédommagés.

Recours à la torture, conditions de détention

Les forces de l’ordre se livrent à un usage excessif de la force, même pour des délits mineurs. Certains décèdent à cause des sévices subis. Les policiers parlent alors de suicide. Sont visés par cette violence déchainée : défenseurs des droits humains, membres de communautés religieuses non reconnues ou de minorités ethniques, souvent avant le transfert dans des établissements pénitentiaires et des camps.
Les conditions de vie en prison ou en camp de travail- surpeuplés- sont atroces. Les détenus doivent effectuer des travaux forcés et peuvent être frappés, maintenus des mois durant à l’isolement dans des cellules exiguës sans ventilation. Selon des proches de détenus, le personnel pénitentiaire accorde des privilèges aux prisonniers versant des pots-de-vin.

Le Vietnam n’est pas partie à la Convention des Nations unies contre la torture. Il a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

(Source : ACAT-France/OMCT)

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