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Appel urgent (Février 2017) - CHINE

Arrêté en juillet 2015, au cours de la vague d’arrestations de centaines d’avocats, Xie Yang, 44 ans, n’a pu rencontrer ses deux avocats sans présence policière qu’en janvier 2017. Il a alors livré un récit très détaillé des sévices subis et a désigné nommément les auteurs de ces actes.

« Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. » Lc 19-40

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Intervenir avant le 10/03/2017


Il a enduré privations de nourriture, d’eau, de sommeil, interrogatoires de plusieurs jours, passages à tabac, humiliations, menaces de mort à son encontre et contre sa famille. Sa femme mobilise publiquement sur le sort de son mari. Un policier a évoqué le « risque » pour elle d’être victime d’un accident de voiture. Xie Yang raconte qu’il a été forcé de rester assis plus de vingt heures par jour sur des tabourets en plastique empilés, les jambes pendantes, afin d’entraver sa circulation sanguine et d’entraîner un gonflement des membres inférieurs. Il s’est également vu contraint d’inhaler la fumée que plusieurs gardes lui soufflaient au visage. Il rapporte enfin comment toute hygiène personnelle et tout soin médical lui ont été interdits .
Détenu au secret les six premiers mois, Xie Yang a plusieurs fois signé les déclarations toutes prêtes que ses tortionnaires lui soumettaient. « On peut te torturer à mort et personne n’y pourra rien », lui disaient ses tortionnaires. Ils lui ont clairement fait savoir qu’ils bénéficiaient d’une impunité totale et qu’ils avaient l’autorisation de hauts responsables au sein du gouvernement. Les avocats de Xie Yang ont déposé plainte contre les agents tortionnaires. Ils demandent une enquête et la poursuite judiciaire des responsables.

Campagne contre les avocats

Les avocats défenseurs des droits de l’homme subissent une répression sans précédent en Chine. Ce mouvement, a commencé dans la nuit du 9 juillet 2015, avec les disparitions forcées des avocats Wang Yu, de son époux Bao Long Jun et de leur fils de 16 ans. Il continue aujourd’hui. Ainsi on s’inquiète de l’état de Li Chun Fu, récemment libéré sous caution après 500 jours de détention au secret. Il a développé de graves troubles mentaux et sa santé est délabrée.
En janvier 2017, au moins 319 avocats, collaborateurs de cabinets d’avocats, et membres de leur famille étaient convoqués, interrogés, interdits de quitter le territoire, placés en résidence surveillée ou en détention. Un avocat au moins, Jiang Tian Yong, est toujours détenu au secret depuis novembre 2016.

Torture, détentions au secret

La situation demeure extrêmement préoccupante. Des chefs d’inculpation tels que « subversion du pouvoir de l’État », « incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat » et d’autres atteintes à la sécurité nationale et à l’ordre public entraînent la torture, les détentions au secret et la persécution judiciaire des défenseurs des droits de l’homme. Par ailleurs leur éventuelle remise en liberté n’implique pas un arrêt de la répression. Plusieurs ont été transférés dans des résidences privées où ils sont surveillés et demeurent complètement isolés, sans contact avec leurs amis et collègues.
Les familles subissent des pressions pour persuader leur proche en détention de plaider coupable. Ces pressions prennent parfois la forme de persécutions : placement sous surveillance, harcèlement, menaces policières sur les établissements scolaires pour faire expulser les enfants des détenus ou encore pressions sur les propriétaires des appartements pour déloger les proches des avocats.

A l’occasion de la journée du 24 janvier 2017, journée de l’avocat en danger, l’ACAT a coordonné la rédaction et la diffusion d’une lettre soutenue par une trentaine de juristes internationaux de renom, dont l’ancien Garde des Sceaux, Robert Badinter. Tous s’inquiètent profondément de la situation de ces avocats chinois. Ils demandent leur libération et leur protection contre les persécutions.

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