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Appel urgent Mars 2015/2 - Émirats arabes unis

Disparition forcée de trois sœurs

Intervenir avant le 12/04/2015

Les trois sœurs Asma, Mariam et Alyaziyah Khalifa al Suwaidi, du prisonnier d’opinion Issa al Suwaidi sont victimes dʼune disparition forcée.

Elles ont été appelées le 15 février par des agents de la Sûreté de l’État qui leur ont enjoint de se présenter à un poste de police d’Abou Dhabi pour interrogatoire. Elles s’y sont rendues, mais ne sont jamais rentrées chez elles. Leur famille est sans nouvelles depuis. Leur mère a juste reçu un bref appel téléphonique le lendemain à 21 heures, d’un interlocuteur qui s’est présenté comme un membre du « service de sécurité » et lui a déclaré : « Vos filles vont bien », sans un mot de plus. La famille pense qu’elles n’ont pas pu consulter un avocat.

Avant leur arrestation, ces trois soeurs menaient campagne pacifiquement en faveur de leur frère, en utilisant le réseau social Twitter pour attirer l’attention sur son procès inique et les violations des droits humains qu’il a subies aux Émirats arabes unis.

Le procès des « 94 Emiriens »

Le Dr Issa al Suwaidi, dont les trois sœurs sont actuellement victimes de disparition forcée, est lʼun des 69 dissidents frappés dʼune lourde peine de prison (10 ans, dans son cas), à l’issue du procès des « 94 Émiriens ». Dans le cadre d’une répression généralisée de la liberté d’expression et d’association, des détracteurs du gouvernement des Émirats arabes unis et des partisans de la réforme ont massivement et arbitrairement été condamnés en 2013. Organisations internationales et organes des Nations unies chargés de veiller au respect des droits humains ont dénoncé cette procédure, contraire aux normes internationales. Par la suite, les proches de nombreux autres prisonniers condamnés ont été harcelés, arrêtés, pour
avoir critiqué la procédure et relayé des allégations de torture formulées par les prévenus.

Des proches des détracteurs du régime frappés par lʼarbitraire

En avril 2013, un tribunal a condamné Abdullah al Hadidi à 10 mois de prison pour avoir publié « de façon immorale et avec mauvaise foi » des détails de la procédure contre son père Abdulrahman al Hadidi.

Obaid Yousef al Zaabi, frère d’Ahmed al Zaabi, arrêté en juillet, puis en décembre 2013, a été poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation liés à ses Twitts diffamatoires sur les dirigeants des Émirats, qui utilisaient des expressions désobligeantes et les accusaient d’oppression, ainsi que pour propagation « dʼidées et dʼinformations destinées à ridiculiser une institution gouvernementale et à lui porter atteinte ». Bien quʼacquitté de toutes ces charges dès juin 2014, les autorités continuent de le détenir, sans aucun motif juridique.

Osama al Najjar, arrêté en mars 2014, est poursuivi pour des chefs d’accusation découlant de messages publiés sur Twitter pour défendre son père, Hussain Ali al Najjar al Hammadi. En novembre 2014, il a écopé de trois ans de prison et dʼune lourde amende, pour « conception d’un site Internet et usage des réseaux sociaux dans le but de publier des idées et des informations inexactes, satiriques et diffamatoires préjudiciables à la structure des institutions de l’État », « offense et incitation à la haine envers l’État », « contacts avec des organisations étrangères et présentation dʼinformations inexactes » au sujet du procès des « 94 Émiriens » et des conditions de détention d’Al Razeen. Il n’a pas pu faire appel.

Aisha Ibrahim al Zaabi, épouse de l’ancien procureur général Mohamed Saqer al Zaabi, condamné par contumace à 15 ans d’emprisonnement lors du procès, a également été arrêtée par des agents de la Sûreté de l’État en janvier 2014 à un poste frontière entre les Émirats arabes unis et Oman, alors qu’elle circulait avec son père et son bébé. Elle a été détenue au secret pendant cinq jours. Les autorités l’ont ensuite libérée, apparemment sans inculpation, mais ont gardé son argent, son téléphone et son passeport et ne l’ont toujours pas informée dʼéventuelles poursuites pénales.

Les EAU ont ratifié la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, mais avec de fortes réserves.

(Source Amnesty International)

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