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Appel urgent (Octobre 2015) – Mauritanie

Un combat contre l’esclavage

L’action de l’IRA- Mauritanie

Intervenir svp avant le 31/10/2015 !

Malgré son abolition en 1981 et sa criminalisation en 2007, l’esclavage reste une pratique répandue en Mauritanie. Les esclavagistes y jouissent d’une impunité qui expose les victimes et leurs défenseurs. Les autorités mauritaniennes, considérant que l’esclavage a presque disparu, n’ont toujours pas reconnu officiellement l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-Mauritanie), créée en 2008. Depuis plusieurs années, les membres de l’IRA font l’objet d’intimidations, de menaces de mort, d’arrestations et de harcèlements judiciaires destinés à anéantir cette organisation. Ses manifestations publiques, ses actions pacifiques de terrain sont réprimées ; ses membres, victimes de violences physiques et de sanctions judiciaires iniques.
L’IRA et son président charismatique, Biram Dah Abeid gênent. Pour autant, ils ne se lassent pas d’établir des antennes à travers tout le pays, tant au sein de la communauté harratine (musulmans négro-mauritaniens victimes d’esclavage), qu’au niveau international via des ONG de lutte contre l’esclavage.
Alors que M. Dah Abeid s’apprête à partir pour l’Europe, où il doit poursuivre son plaidoyer, les autorités profitent du lancement d’une campagne de sensibilisation dans plusieurs villages de la vallée du fleuve Sénégal à la question de l’esclavage foncier pour frapper fort. Le 11 novembre, alors que la caravane de l’IRA dénonçant la persistance de la torture s’apprête à entrer dans la ville de Rosso, Biram Dah Abeid, Brahim Bilal Ramadane, le vice-président de l’IRA et Djiby Sow, président de l’ONG Kawtal Ngam Yellitaare, sont arrêtés. Les jours suivants, la répression s’abat sur l’IRA : interdiction de sit-in de soutien, arrestations de sympathisants, fermeture de son siège.

Mobilisation internationale
Sans attendre, le Parlement européen puis le Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU appellent à la relaxe immédiate des militants, qui seront condamnés en janvier 2015 à deux ans de détention
Ce 20 août 2015, Djiby Sow, malade et en liberté provisoire, est resté en Europe. M. Dah Abeid et Bilal Ramadane n’ont pas quitté leur cachot. Pressentant une mascarade judiciaire, ils ont prié leurs avocats de boycotter la séance. Proches et sympathisants ont été écartés par les forces de l’ordre dès le matin. Si bien que c’est devant une salle d’audience presque vide que la Cour d’appel d’Aleg confirme la peine de deux années de prison à leur encontre.
Ce verdict, motivé par l’« appartenance à une organisation non reconnue », ou à la « rébellion » témoigne de la dépendance totale de l’appareil judiciaire par rapport au gouvernement, dont l’implacable dessein est de détruire l’IRA.

Le plaidoyer

Biram Dah Abeid, lauréat du Prix des droits de l’homme en 2013, nominé pour le Prix Nobel de la paix 2015, dénonce inlassablement« le tribut lourd payé par la résistance locale, l’environnement d’inimitié viscérale de la part de l’État mauritanien, d’appareils sécuritaires, de la classe politique, du clergé et de tous les autres bataillons et compartiments claniques, tribaux, esclavagistes racistes et mafieux ».
Il raconte la torture dans les cachots insalubres, les détentions ou les confrontations interminables, entre les juges mauritaniens « tous arabo-berbères, de la communauté dominante et supérieure, et les Haratins rebelles, dans le box des accusés.
Il parle d’une « masse silencieuse qui vit, depuis des siècles sous le joug d’un racisme domestique et d’un esclavage … toujours justifiés et légitimés au nom de la religion. Un avilissement qui a fini par développer, parmi les opprimés un atavisme de la défaite par anticipation », empêchant « la pensée de la dissidence radicale de dépasser, chez les esclaves, le niveau de la velléité,… et faisant « que les descendants des maîtres… y perçoivent l’attestation perpétuelle de leur pouvoir ». Et de conclure que « la violence nait d’un tel défaut de discernement ».
(ACAT France ; OMCT)

Le pays a ratifié le PIDCP et la Convention contre la torture et en 2004, avec des réserves sur la compétence accordée à son Comité (Article 20).
Le Parlement mauritanien vient d’adopter plusieurs lois en vue de bannir les atteintes aux droits humains, notamment un nouveau cadre juridique qui proscrit l’esclavage.

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