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Appel urgent (Octobre 2016) - ÉGYPTE

Un mineur de 14 ans torturé en vue d’obtenir des aveux !

L’agence de sécurité nationale égyptienne a soumis Aser Mohamed, 14 ans, à une disparition forcée de 34 jours. Le garçon affirme qu’il a été torturé et soumis à des mauvais traitements, cela afin de lui faire avouer des infractions qu’il n’a pas commises. Il risque un procès inique fondé sur des aveux obtenus sous la torture.

“ Il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous.”

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,1-8

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Intervenir avant le 05/11/2016

Le 12 janvier au petit matin, des membres de l’Agence de sécurité nationale ont arrêté Aser Mohamed à son domicile familial, situé au Caire. Les agents, qui n’ont présenté ni mandat d’arrêt ni autorisation de perquisition, ont indiqué qu’ils souhaitaient emmener Aser pour l’interroger brièvement. Ils ont refusé de révéler l’endroit où ils l’emmenaient. Pendant les 34 jours qui ont suivi, les autorités ont nié détenir Aser Mohamed chaque fois que sa famille et ses avocats ont tenté de se renseigner auprès de prisons, de postes de police et du bureau du procureur. Le 15 février, Aser a comparu devant le service du procureur général de la sûreté de l’État, au Nouveau Caire, et a été interrogé en l’absence de son avocat. Il n’a été autorisé à appeler sa famille et son avocat qu’après son interrogatoire.
Aser Mohamed fait l‘objet de poursuites pour plusieurs accusations. On lui reproche d’appartenir à la confrérie interdite des Frères musulmans et d’avoir commis un attentat contre un hôtel. Les charges retenues contre lui sont basées sur ses aveux arrachés sous la torture par l’Agence de sécurité nationale au cours de ses 34 jours de détention illégale. Aser Mohamed a déclaré au procureur qu’il avait subi des actes de torture destinés à le contraindre à avouer ces infractions et qu’il a notamment reçu des décharges électriques et été suspendu par les membres pendant de longues heures. Cependant, le procureur n’a pas ouvert d’enquête sur ces allégations de torture et de disparition forcée. Aser Mohamed affirme que le procureur a menacé de le renvoyer à l’Agence de sécurité nationale pour être à nouveau torturé s’il maintenait ses déclarations. Le procureur a ensuite ordonné le placement d’Aser Mohamed en détention provisoire, contrevenant ainsi aux lois égyptiennes qui interdisent la détention provisoire pour les mineurs de moins de 15 ans. Aser Mohamed a été renvoyé devant le tribunal en août. Le tribunal a bien tenu la première audience le 6 août mais a ensuite repoussé l’audience suivante au 15 août, puis au 8 octobre. Aser est actuellement détenu au poste de police de Talbeya, à Guizeh, dans des conditions inhumaines. Il partage une cellule de 4x6 mètres avec 12 détenus et n’est pas autorisé à en sortir. Sa famille n’a pas pu lui rendre visite depuis le 2 août.
Le Ministère de l’Intérieur recourt aux disparitions forcées pour balayer la dissidence pacifique. Depuis début 2015, des centaines d’Égyptiens, dont des mineurs, ont « disparu » aux mains de l’État. Le bureau du procureur égyptien se rend complice de ces violations et s’abstient souvent de traduire les responsables présumés en justice. Avant Aser, en mai 2015, Islam Khalil avait été enlevé à son domicile. Son sort avait été tenu secret pendant 122 jours.
Islam Khalil et Aser Mohamed vont être jugés sur la base d’« aveux » obtenus sous la torture. S’ils sont déclarés coupables, Khalil risque la peine de mort, et Aser jusqu’à 15 ans d’emprisonnement.

Faire taire les voix dissidentes

La répression gouvernementale, visant à anéantir les voix dissidentes, s’abat sur la société civile égyptienne avec violence. Au cours de l’été 2016, ce sont 37 ONG de droits de l’homme qui ont vu leurs avoirs gelés.

Malek Adly, un juriste du Centre Égyptien Économique et Social (ECESR), cofondateur du Front de Défense des manifestants égyptiens (FDEP), est arrêté en avril pour avoir critiqué le transfert de souveraineté de deux îles de la Mer Rouge (Tiran et Sanafir) à l’Arabie Saoudite. Il est d’abord longuement frappé avec des armes à feu, avant d’être questionné pendant 4 heures d’affilée. M. Adly sera détenu à l’isolement dans une cellule obscure minuscule, non ventilée et dépourvue de literie pendant au moins 90 jours. Souffrant de rhumatismes et de pression artérielle excessive, il n’a eu accès à aucun soin médical.

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