Pour un monde sans torture ni peine de mort !
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Intention de prière
Seigneur, en monde où la violence se déchaîne, fais de nous des artisans de paix, des bâtisseurs d’amour.
Viens mettre le baume de ton Amour sur le cœur de tous ceux qui souffrent ;
qui sont en manque de repères,
ceux qui sont maltraités, torturés et de leurs bourreaux.
Nous t’en prions.
Appels à intervention
Méditation pour le Vendredi Saint, le 25 mars 2016

Esaïe 52, 13 ; 53, 9
Hébreux 4 ,14 -5, 10
Evangile Selon Saint Jean 19, 17- 30

La mort de Jésus


La mort de Jésus est elle un modèle de « Bonne mort » applicable à d’autres situations ?
Jésus était conscient, en se rendant à Jérusalem, qu’il allait vers sa mort. Au cours de ses prédications, ses prises de position ont d’emblée suscité une réaction agressive de la part des autorités religieuses. Déjà en Marc 3:6, les Hérodiens et les Pharisiens cherchaient à le faire mourir. Aller à Jérusalem, c’est choisir de ne pas esquiver la menace, c’est prendre le risque de l’affrontement qui aboutira à la mort.
Pour rejoindre Jérusalem, il durcit sa face pour se mettre en route (Luc 9 : 51) : Comme les prophètes, il assume l’inéluctable. Cependant, rien n’est gagné d’avance : la tourmente extérieure qui survient l’ébranle au plus profond de lui-même.
Le jardin des Oliviers devient le jardin de l’agonie, au double sens de ce mot : « Angoisses et combats ». L’angoisse l’envahit « Mon âme est triste à en mourir » (Matthieu 26,38) et le combat intérieur fait rage. Tout son être se cabre dans un refus d’une mort violente, et il prie son Père d’écarter cette coupe.

Descendant au plus profond de lui-même, il va trouver le laborieux chemin de l’acceptation. « Mon père si il est possible que cette coupe s’éloigne de moi, pourtant, non pas comme je veux mais comme tu veux ! » (Mat 26 : 39). Cette supplication, il l’exprime à trois reprises, comme si cette humble répétition était nécessaire pour parvenir finalement au consentement. Sur la croix, Jésus pousse ce cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’a tu abandonné ? » (Mat 27 : 46). Cri abyssal : douleur physique, déréliction, sentiment d’abandon, d’injustice.
Jésus n’a plus de mot à lui, il emprunte alors ceux du Psaume 22. Il se sent abandonné de tous, même de son Père. La suite du psaume introduira un retournement positif, un élan de confiance envers Dieu : v 22 « tu m’as répondu ». Mais le Christ ne la prononce pas. Il est dès lors primordial de ne pas gommer la vigueur de ce cri désespéré et de le laisser résonner jusqu’à aujourd’hui.

Le parcours de la dernière étape de la vie est propre à chacun. Les uns l’auront imaginé, prévu, d’autre pas, surpris par sa brusque irruption. Mais la réalité souvent déjoue les prévisions et le moins préparé parfois se découvre le plus prêt.
Le parcours peut se révéler chaotique ou serein. Comme des vagues, des soubresauts d’angoisse viennent parfois entamer la sérénité. Ce dernier combat constitue une dé- maitrise progressive de ses représentations des désirs de chaque agonisant. La « bonne mort » serait la mort non pas souhaitée, mais finalement assumée ou chacun pourrait faire sienne la parole ultime de Jésus selon Jean 19 : 20 « Tout est accompli » ? En d’autres termes il s’agirait d’être en mesure de dire sereinement : « Tout est bien ainsi, on a fait ce que l’on a pu, et même s’il y a eu des erreurs, des fautes de parcours, voici venu le moment où tout se récapitule ».
Cette acceptation réaliste n’est elle pas aussi celle du bon larron comme l’a appelé la tradition (Lc 23 : 33-43) ? Crucifié à côté de Jésus, il reconnait lucidement « Nous avons ce que nos actes ont mérité » et en même temps, il reconnait aussi qui est Jésus, et s’ouvre à la crainte de Dieu. Surprenant retournement de vie en ce moment ultime qui va lui ouvrir les portes du paradis qui va faire de lui le premier saint, le seul qui aura été reconnu par Jésus.

Confession de foi


Celui qui suspendit la terre est suspendu.
Celui qui attacha les astres est attaché.
Celui qui fixa l’univers est fixé sur le bois.
Dieu est assassiné.
Dieu a revêtu l’homme,
Il a été jugé pour un condamné,
Il a été enseveli pour un enseveli.
Mais il est ressuscité des morts et il clame « Qui l’aidera contre moi ? »
Dieu a délivré le condamné, il a rendu la vie à celui qui était mort
Il a relevé l’enseveli,
Qui le contestera ?
Voici dit le Seigneur
J’ai aboli la mort, j’ai écrasé l’enfer,
J’ai élevé l’humanité jusqu’aux plus hauts cieux !
Oui le Christ est notre pardon, il est la Pâque du salut,
Il est notre lumière, notre résurrection !

Mélithon de Sardes 2 ème siècle

La médiation et la prière nous sont proposées par le Pasteur Yves Jonas.
Les illustrations sont lʼœuvre de Nizar Ali Badr (Syrie ).

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