Pour un monde sans torture ni peine de mort !
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Méditation pour le dimanche des Rameaux (29 mars 2015)

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Psaume 21 et Is 50, 4-7).

C’est le cri de toute victime de violence, c’est le cri de l’humanité exsangue, piégée par son humanité même. C’est l’appel de chacun d’entre nous aux prises avec la souffrance.

Ce jour là, le peuple de Jérusalem acclame d’abord un roi dérisoire sur une humble monture, avant de le renier et de demander sa mise à mort. Une arrestation et un procès s’ensuivent, avec son lot de trahisons et de reniements. Commence alors la Passion du Christ.

La Passion du Christ ne peut glisser sur nous, Chrétiens, engagés contre la torture et la violence, ou révulsés par elles. Ce récit fondateur, qui nous bouleverse plutôt, est une référence, un point d’ancrage ou pivot, avant le basculement dans le mystère de la Résurrection. Il est miroir fidèle de notre humanité, avec sa profusion de tiraillements, un procès à rebondissements, et ses acteurs pour le moins équivoques et bigarrés.

Lors d’agapes, le Christ a offert son corps en rémission de nos fautes. Puis la nuit s’est installée.

Les larmes de Pierre, le repentir de Judas, Pilate aussi qui se dérobe, la foule qui préfère sauver le brigand Barrabas, et enfin Jésus qui est mis au défi de détruire le Temple de Dieu et, en trois jours, le rebâtir…. Notre société humaine, et les tensions folles qui l’habitent, ne se retrouvent-elles pas là remarquablement mises en scène ? Quelle formidable pièce de théâtre politique que ce texte !

Mais après la liesse, les tergiversations, l’agitation, vient la nuit. C’est l’heure du bilan, de l’amertume, et de la solitude. Parce qu’il est fils de Dieu, Jésus sait qu’il sera cette nuit-là pour tous une occasion de chute. Il connaît notre condition de pêcheurs et la faiblesse de notre Chair. Parce- qu’il est homme, son âme est triste à en mourir. Aussi il exhorte ses disciples : Demeurez ici et veillez avec moi.

Mais voilà qu’au moment de la mort de Christ, le voile du Temple se déchire. Le clivage entre Dieu et les hommes n’est plus : Christ a transcendé la douleur et le néant, la violence et les divisions humaines. Ce cataclysme abolit l’inconstance et tous les maux de la terre. La Passion du christ nous révèle alors un royaume de lumière, situé au delà de la souffrance et des souillures terrestres.

Nous pouvons approcher ce Royaume en veillant auprès du Christ, de l’homme vulnérable, déchu et seul, de ce frère saisi par le vide infini ; en montrant aussi davantage de cran que Pilate, qui, au fond n’est pas si mauvais, juste incertain…
C’est dans ce but que nous devons réaffirmer à jamais la dignité immanente et inaltérable du fils de Dieu. Rappelons-nous les paroles d’Isaïe : "Le Seigneur Dieu viendra à mon secours et que je ne suis pas atteint par les outrages. En rendant mon visage dur comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu".

Seigneur, puisse l’exhortation d’Isaïe porter désormais notre vie : Dieu mon Seigneur m’a donné le langage d’un homme qui se laisse instruire, pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n’en peut plus.

Avec la foule de Jérusalem, acclamons le Seigneur qui s’est livré pour nous.

Amen

[Méditation proposée par Cécile Auriol]

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