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Méditation pour le premier dimanche de Carême 2016 (14 février)

Premier dimanche de Carême 14 février 2015

Deutéronome 26 : 4-10
Romains 10 : 8-13
Luc 4 : 1-13

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Illustration : Les pierres de l’artiste syrien Nizar Ali Badr, sur son pays …

Christ jeûne dans le désert. Il est seul face à lui-même et quand le temps est écoulé, naturellement la faim s’installe car il est un homme. Mais il décline la proposition mégalomane du Tentateur qui le houspille de transformer les pierres en pain. L’homme ne vit pas seulement de pain. Christ annonce sans équivoque que notre existence ne dépend pas seulement de nourritures terrestres destinées à satisfaire des besoins et désirs déterminés par les contingences matérielles et humaines. Il refuse de se soumettre /se prosterner devant Satan car il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. »
En cela c’est un homme libre qui rejette toute idée de soumission et de corruption. Il va plus loin dans la résistance en refusant de se laisser porter par les anges et de contempler les Royaumes terrestres. Il ne répugne pas au contraire à ce que son pied heurte une pierre, jusqu’à l’heure fixée. Il pressent sa passion inexorable et accepte sa condition humaine.
La foi et la sagesse de Christ, au lieu de se corrompre, grandissent dans le désert, l’adversité, par ce combat contre la facilité et l’orgueil.

L’épitre de Paul peut représenter la réponse de ce temps d’ascèse : « Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur.
En effet, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé.  Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut. »
Saint Paul nous invite à mettre en pratique une justice intuitive du bien, à activer notre intelligence du cœur, qui n’est ni niaise ni évidente, puisqu’elle est le résultat d’une longue lutte intérieure (40 jours !). Cette justice du cœur, c’est de nous ouvrir à l’Autre, en nous montrant compréhensifs et solidaires envers tous nos frères , Juifs ou païens car tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l’invoquent. Une telle justice est universelle, première, et ne connaît pas les clivages institués par les sociétés et lois humaines.
La Clé se trouve dans la Foi, qui contient la justice de Dieu éternelle, non pas dans des préceptes établis par les hommes, qui sont limités par nature. Nous le constatons bien aujourd’hui avec les déficiences en matière de politique économico-sociale et migratoire, par exemple.

Le récit du deutéronome (26 : 4-10) advient dans une dimension libérée de toute misère, peine ou oppression. Comment ne pas voir dans ce pays ruisselant de bontés la destination finale de l’humanité en marche ? Ce Royaume où règnent désormais la paix, la justice sociale et la démocratie, est à la portée de tous : Juifs, Musulmans (qui n’existaient pas à l’époque du Christ) et païens, car tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l’invoquent.

Comment ne pas voir dans cette sortie « d’Égypte, à main forte et à bras étendu, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges », une allégorie intemporelle du monde profondément instable et inégalitaire qui est le nôtre, et en particulier du drame humain actuel qui se joue en Syrie (tout près de l’Egypte), dont le peuple opprimé, est, comme il y a 3000 ans jeté sur les routes. Ce texte envoie un message d’espérance, dont l’écho retentit par delà les siècles. Ce message est entendu par le Seigneur, qui offrira à son peuple ce pays, … ruisselant de lait et de miel, en d’autres termes la Résurrection promise.
Ils revivent la passion de Jésus, sous nos yeux, ne les abandonnons pas à leur humanité fragile. Nous ne pouvons demeurer les droits ballants au bord de la route. Nous voulons, nous devons les accompagner, les soutenir toujours, parce-que c’est là le cri irrépressible de notre cœur.
Seule la Foi peut nous aider à enclencher un bouleversement profond, nécessaire pour libérer ces millions d’êtres meurtris en marche, et enraciner les germes des « valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté …et de solidarité ». Seulement alors nous serons dignes de dire : 
 « Et maintenant voici que j’apporte les prémices des fruits du sol que tu m’as donné, Seigneur. »

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