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Appel urgent (Decembre 2017) - ARABIE SAOUDITE

Abdulkareem al Hawaj, un jeune Saoudien chiite, a été condamné à mort, sur la base d’aveux extorqués sous la torture, pour des faits qu’il aurait commis en 2012, lorsqu’il était mineur. Suite à son arrestation, il aurait été détenu au secret pendant les cinq premiers mois de sa détention. Il n’a pas non plus eu accès à un avocat pendant sa détention provisoire et ses interrogatoires.

ABDULKAREEM AL-HAWAJ , Un mineur risque une exécution imminente

« Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui
donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt » Ps 1-4

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Intervenir avant le 09/01/2018

Condamné à mort pour des actes commis à l’âge de 16 ans, Abdulkareem al- Hawaj a été arrêté à un point de contrôle le 16 janvier 2014. Il est resté en détention sans inculpation pendant deux ans. Le 27 juillet 2016 il a été condamné à la peine capitale par le tribunal pénal spécial de Riyad (« Specialized Criminal Court »). Motifs de la condamnation : « jet de deux cocktails Molotov », « participation à des émeutes pendant lesquelles un véhicule blindé a été touché » et partage des photos et des vidéos de manifestations sur les réseaux sociaux. Il aurait commis ces actes alors qu’il n’avait que 16 ans, en août 2012. Mais il nie formellement.

Aveux arrachés sous la torture

Le tribunal a basé sa condamnation sur ses aveux. Or ces derniers lui ont vraisemblablement été arrachés sous la torture. (En réalité son appartenance à la communauté chiite a probablement contribué à sa condamnation en ce haut-lieu du sunnisme qu’est l’Arabie saoudite). Il a passé les cinq premiers mois de sa détention au secret et à l’isolement, sa famille ignorant tout de son sort. Il raconte que, durant cette période, il a été torturé lors d’interrogatoires, se voyant infliger des claques, des coups de pieds et de bâtons, accompagnés de menaces de mort envers sa famille. En outre il n’a pas pu consulter d’avocat pendant tout le temps de sa détention provisoire.
Le 11 septembre 2017, la Cour suprême a confirmé sa condamnation. Toutes les voies de recours ayant été épuisées, il pourrait être exécuté dès que le roi aura ratifié la sentence.

Pratique récurrente du tribunal pénal spécial de Riyad

Ce n’est pas la première fois que les juges du tribunal pénal spécial de Riyad condamnent des manifestants à mort (parfois à huis clos) sur la base de faux aveux, extorqués sous la torture. Abdulkareem al -Hawaj est ainsi la septième personne en attente d’exécution imminente pour des crimes qu’elle aurait prétendument commis alors qu’elle était encore mineure.
Parmi les autres, on trouve des détenus de longue date comme Ali al- Nimr, Dawood al-Marhoon et Abdullah al-Zaher, qui sont dans le « couloir de la mort » depuis 2014. En outre, trois autres jeunes hommes ont été condamnés à mort le 10 août (Mujtaba al- Suwaiket, Abdullah al-Asreeh et Salman al-Quraish). Tous ont été torturés, pour la majorité d’entre eux en raison de leur participation pacifique à des manifestations.
Il semble que ces pratiques judiciaires, qui violent les droits procéduraux et fondamentaux des victimes soient de plus en plus utilisées pour réduire au silence des opposants au régime. On les accuse faussement de crimes liés au terrorisme. Depuis 2013, Amnesty International a en effet enregistré une recrudescence inquiétante de cas de peine de mort prononcée contre des opposants politiques en Arabie Saoudite.

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