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Appel urgent (Décembre 2018) - MYANMAR

Ex -enfant soldat dans la tourmente

« En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes ! » PS 71,7

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Ecrire avant le 9-01-19

Un jour d’octobre 2005 Aung Ko Htwe -13 ans à l’époque- est trainé de force depuis la gare de Rangoon jusqu’à une caserne de l’armée du Myanmar. Ses frères et soeurs supplient les autorités de l’exempter de service militaire. Rien n’y fait.
DEUX ANS plus tard Aung Ko Htwe essaie de s’échapper, avec deux autres enfants-soldats. Malheureusement un motocycliste trouve la mort dans la débâcle qui accompagne la tentative d’évasion et les trois enfants sont condamnés à mort pour homicide. La sentence à l’encontre d’Aung Ko Htwe est commuée en prison à perpétuité. Après dix années passées derrière les verrous, en juillet 2017, il est enfin libéré.
Cependant après une interview sur Radio Free Asia où il décrit comment, enrôlé de force, il est contraint d’effectuer son service militaire, il devient l’objet de plusieurs plaintes. Il est alors condamné à 6 mois de détention pour outrage à magistrat. Puis, le 28 mars 2018, le tribunal de la localité de Dagon Seikkan prolonge de deux années la sentence, et ce, en vertu du paragraphe 505(b) du code pénal de la République du Myanmar. Nébuleusement formulé, ce dernier stipule que "quiconque compile, publie ou diffuse des informations qui effraient l’opinion publique, ou une partie de cette dernière, ou encore susceptibles d’inciter à commettre un délit contre l’Etat et à déranger l’ordre public, est passible d’une peine de prison". Depuis le 18 juillet 2017 Aung Ko Htwe est ainsi enfermé à la prison d’Insein de Rangoon.
En Birmanie voilà des décennies que l’armée recrute des enfants soldats. Mais, en 2012, le gouvernement et les Nations unies avaient fixé et cosigné un plan d’action pour mettre un terme au recrutement d’enfants soldats dans l’armée. Malgré des avancées, le phénomène persiste dans certaines parties du territoire.

Deux détenus devenus illustres

La prison d’Insein (illustration) héberge aussi les deux jeunes journalistes de l’agence Reuters Wa Lone et Kyaw Soe Oo, condamnés le 3 septembre 2018 à sept ans de prison et de travaux forcés, en vertu de la loi sur les secrets d’État. Après leur arrestation le 12 décembre 2017 à Rangoon, ils ont subi quelque trois semaines d’isolement, avant leur transfert. Tous deux ont été privés de sommeil, ou encore contraints de rester agenouillés des heures durant la tête couverte d’une capuche noire !
Enquêtant sur la ségrégation organisée par les bouddhistes contre les Rohingya et leurs communautés, ils ont passé au crible les opérations de l’armée birmane dans l’Etat septentrional de Rakhine, notamment le massacre de dix civils du village de Inn Dinn.
Pris dans un engrenage de violences inouïes, les Rohingya ont été poussés vers le Bengladesh voisin et ses camps de fortune. Là, ils ne disposent même pas du statut de réfugiés.
Dans un contexte de déportations, exécutions sommaires, viols, tortures et destructions de villages entiers, il va sans dire que l’espace laissé à la liberté d’expression et aux droits de l’homme se restreint de plus en plus. L’Etat utilise des lois datant de l’ère coloniale pour museler la dissidence.