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Appel urgent (Décembre 2018) - CAMEROUN

MAJ (14/12) : libération du journaliste Michel Biem Tong ce 14 décembre ! Comme 288 autres détenus camerounais non condamnés, il bénéficie d’une mesure de clémence du Président Paul Biya.


MICHEL BIEM TONG, Directeur du média en ligne Hurinews, est poursuivi pour « apologie de terrorisme, déclarations mensongères, outrage au chef de l’État » par le Tribunal militaire de Yaoundé.

« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » Lc 3,5

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Ecrire avant le 9-01-19

Jugé sur la base de la Loi n°2014/028 du 23 décembre 2014 portant sur la répression des actes de terrorisme, il risque une condamnation à mort. Son crime : être une voix indépendante et critique des médias camerounais.
M. Biem Tong a été arrêté le 23 octobre au ministère de la Défense à Yaoundé alors qu’il venait s’entretenir avec le Colonel Bamkoui, directeur de la Sécurité militaire, de son prétendu soutien aux mouvements séparatistes anglophones. Le journaliste sera détenu au secret presque trois semaines, au Service Central de Recherches Judiciaires de Yaoundé avant de pouvoir recevoir la visite d’avocats et de journalistes le 14 novembre. Le 15, il est placé en détention provisoire à la prison centrale et devait comparaitre devant un juge militaire ce 5 décembre. Michel Biem Tong n’aurait pas fait l’objet de violences en détention.
Avant son arrestation, le journaliste communiquait sur la crise anglophone et les violations des droits humains par des articles et vidéos en ligne. Ces derniers temps plusieurs journalistes et défenseurs des droits humains ont été arrêtés arbitrairement, intimidés ou enlevés pour avoir critiqué la gestion de la crise par les autorités.

CONTEXTE

Au mois d’octobre 2016, dans les régions anglophones du nord et du sud-ouest, des avocats, des enseignants et des étudiants ont protesté contre la « francophonisation » des systèmes législatif et éducatif. Comme en février 2008, le régime de Paul Biya a considéré ces marches pacifiques comme des atteintes à la sécurité de l’Etat et les a réprimées. A la différence de février 2008, la répression n’a découragé ni les marches ni les journées « villes mortes », reprises á leur compte par les anglophones. Pour éviter que ce mouvement ne contamine d’autres Camerounais, le régime a durci la répression, coupé Internet pendant trois mois, et emprisonné des leaders modérés. Il a ainsi laissé manoeuvrer les indépendantistes partisans de la lutte armée qui parviendront à persuader une partie des anglophones d’épouser leurs idées radicales. Les assassinats de membres des forces de l’ordre et les attaques des symboles de l’État ont amorcé un cycle de violences qui aboutissent aujourd’hui á un conflit interne de basse intensité. Il affecte les régions anglophones où la peur règne désormais.
Plus d’un an témoin silencieux de la répression dans les régions anglophones, la communauté internationale se réveille doucement. Saisi, le Haut-commissariat aux droits de l’homme déplorait en juillet 2018 que le gouvernement n’ait pas permis au bureau des Nations unies pour les droits de l’homme d’accéder aux zones anglophones. Les partenaires occidentaux du Cameroun tentent de résoudre ce conflit sans que le dossier soit discuté dans les instances internationales. Ainsi, les volets droits de l’homme ou lutte contre l’impunité sont laissés de côté, si bien qu’exactions et dérives liberticides peuvent aller bon train. Depuis la réélection de Paul Biya, le 7 octobre 2018, plusieurs journalistes et défenseurs des droits humains ont été arrêtés arbitrairement, intimidés ou enlevés pour avoir évoqué la crise dans les médias et les réseaux sociaux. Bref pour avoir enquêté sur les violations des droits humains