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ACAT Belgique francophone
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APPEL URGENT FÉVRIER 2019 GABON

BERTRAND ZIBI ABEGHE est arrêté dans la nuit du 31 août 2016 dans le quartier général du candidat de l’opposition Jean Ping, le jour où sont proclamés les résultats controversés de l’élection présidentielle donnant Ali Bongo vainqueur.

« Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » Mc 2,17
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Ecrire avant le 09-03-19

Après un processus électoral opaque, plus d’une centaine de cadres et de militants de l’opposition sont arrêtés. Ces interpellations se déroulent en même temps que celle de Bertrand Zibi Abeghe qui passe les quatre premiers jours de sa détention à la Direction générale des recherches (DGR), où il est maintenu au secret et subit des brimades, avant son transfert à la prison centrale de Libreville.
Le 25 septembre 2017, après huit mois de détention provisoire, la justice gabonaise indique à Bertrand Zibi Abeghe qu’il est poursuivi pour « détention illégale d’une arme à feu »( une arme que les autorités gabonaises refusent jusqu’à ce jour de faire analyser malgré les demandes des avocats de la défense), « non-assistance à personne en danger » et « crime contre la paix publique ». Sa dernière rencontre avec le juge date de mai 2018. Depuis, il n’a plus aucune nouvelle de la justice... Selon le code de procédure pénale gabonais, le juge d’instruction doit boucler son enquête en 18 mois. Etant donné que M.Zibi Abeghe est détenu depuis plus de 28 mois, sa détention est aujourd’hui clairement illégale.
CONTEXTE
En pleine campagne pour l’élection présidentielle d’août 2016, alors que le candidat sortant Ali Bongo est en déplacement dans le département du Haut-Ntem, Bertrand Zibi Abeghe, alors député du PDG (parti au pouvoir), décide, le 23 juillet 2016, de démissionner publiquement de ce parti, lors d’un meeting à Bollosoville, en présence du chef de l’Etat. Un mois plus tard, dans la nuit du 31 août 2016, il est arrêté.
Ses avocats ont déposé plusieurs demandes de remise en liberté provisoire. Le juge d’instruction les a rejetées à chaque fois. Pour Maître Jean-Paul Méthode Imbong Fady, avocat de la défense, le dossier de son client est vide. Bertrand Zibi Abeghe est un prisonnier politique, détenu pour avoir eu l’outrecuidance de démissionner du parti au pouvoir devant Ali Bongo, en pleine campagne électorale en vue de sa réélection.
Pendant sa détention Bertrand Zibi Abeghe a été battu à plusieurs reprises. Le 15 janvier 2018, il a été tabassé après la découverte d’un téléphone portable dans la cellule qu’il partageait avec d’autres détenus. Dans la foulée, il a été enchaîné, encagoulé et environ dix hommes sont venus le rouer de coups, jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Il a ensuite été placé à l’isolement pour « détention de téléphone portable ». Ses avocats, qui lui ont rendu visite le 17 janvier, ont trouvé Bertrand Zibi Abeghe hagard, marchant difficilement, avec de nombreux hématomes sur le corps. Il leur a indiqué qu’il n’avait ni bu ni mangé depuis trois jours. Une plainte pour torture a été déposée par ses avocats. Cette plainte a été rejetée sans justification.
A plusieurs reprises, Bertrand Zibi Abeghe a été privé d’eau et de nourriture durant plusieurs jours d’affilée. Il a également fait l’objet de mesures disciplinaires injustifiées, dont des enfermements à l’isolement dans une cellule surchauffée, sans lumière avec seulement quelques trous d’aération.
Aujourd’hui, depuis un an et demi, Bertrand Zibi Abeghe est détenu au sein du quartier disciplinaire appelé « C.A » en compagnie d’environ 90 autres détenus. Un seul WC pour tous et cellule suffocante d’environ 4m2 pour huit détenus !

Gabon
Régime République Dirigée par Ali Bongo Odimba
Superficie 267 667 km 2
Population 2,05M hab.
Capitale Libreville
Peine de Mort Abolitionniste
Torture OUI
Conventions ratifiées Le GABON a ratifié la Convention contre la torture de l’ONU et le Pacte relatif aux droits civils et politiques (ICCPR)