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APPEL URGENT FÉVRIER 2019 ARABIE SAOUDITE

Elle a échappé à la peine de mort !

« Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » » Mc 4,9
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Ecrire avant le 09-03-19

Les appels des experts des Nations unies et de la communauté internationale aux autorités saoudiennes à considérer le cas d’Israa Al-Ghomgam ont manifestement porté leurs fruits !
Israa Al-Ghomgham et son mari, Moussa al Hashim, sont restés 32 mois en détention provisoire avant l’ouverture de leur procès, le 6 août 2018. Au cours de la première audience, le ministère public saoudien a requis leur décapitation, en plus de celle de trois autres activistes, Ahmed al Matrood, Ali Ouwaisher et Khalid al Ghanim. Le sixième co-accusé, Mujtaba al Muzain, risque 20 ans de prison. Une quatrième audience prévue le 13 janvier avait été reportée sine die.
Le couple avait participé aux manifestations anti-gouvernementales qui se sont déroulées à Al-Qatif- ville à majorité shiite dans la province Est- durant le printemps arabe en 2011. Israa Al-Ghomgham a aussi publiquement demandé la libération des défenseur·e·s de droits humains emprisonné·e·s en Arabie saoudite, exprimant pacifiquement ses opinions sur les réseaux sociaux.
Depuis leur arrestation, en Décembre 2015, Israa et son époux sont détenus à la prison centrale de Dahaban, gérée par les renseignements intérieurs (mabahith). En fait la police secrète. Ils sont actuellement jugés devant le Tribunal pénal spécialisé, créé pour les affaires terroristes et qui poursuit également activistes et défenseurs des droits de l’homme. Lors des deux dernières audiences- les 28 octobre et 21 novembre 2018, Israa Al-Ghomgham était absente. Cela laissait craindre une détérioration de son état de santé. Sa condamnation à mort, à cause de son activisme ( !), ayant été rejetée – nous l’avons appris ce 1 er février-, elle reste enfermée à Al- Dhamam dans de bien rudes conditions, en attendant les conclusions d’une procédure judicaire pour le moins tourmentée. Elle et ses coaccusés pourraient écoper de très longues peines de prison.

CONTEXTE

Depuis le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre 2018, l’opinion internationale a pu prendre la mesure de l’ampleur des violations des droits humains en Arabie saoudite. Cette situation s’est nettement altérée avec l’ascension du Prince héritier Mohammed Ben Salman au sein du régime. Derrière une façade de réformiste et de libéral, ce dernier a orchestré une campagne d’arrestation pour faire taire toute voix dissidente ou discordante. Depuis mars 2015, il est également à l’origine de l’intervention militaire au Yémen du royaume et de ses alliés au sein de la coalition arabe. L’Arabie saoudite s’y serait rendue coupable de plusieurs crimes de guerre selon des experts mandatés par l’ONU.

En 2018 une répression sans précédent a frappé le pays. Répression non seulement de défenseur.e.s des droits des femmes, mais également d’activistes, de journalistes (dont plusieurs victimes de disparitions forcées), d’universitaires, d’intellectuels et de religieux. Dans une déclaration commune du 26 octobre 2018, réunissant plus de 160 organisations de défense des droits humains, l’ACAT appelait la communauté internationale- en particulier les Nations unies, les institutions multilatérales et régionales- à demander immédiatement des comptes à l’Arabie saoudite concernant les graves violations des droits humains dont le pays s’est rendu responsable. Tous soulignent que « les mesures servant à combattre le terrorisme ne doivent en aucun cas être utilisées pour empêcher ou entraver les travaux des défenseurs des droits humains ».

En septembre, au moins neuf femmes arrêtées en mai étaient toujours détenues sans chef d’inculpation. Certaines seraient passibles d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 20 ans. Leur nom : Loujain al- Hathloul, Aziza al-Yousef, Eman al-Nafjan, Nouf Abdelaziz, Mayaa al-Zahrani, Hatoon al- Fassi, Samar Badawi, Nassema al-Sadahet Amal al-Harbi. Par ailleurs, de nombreux activistes condamnés pour leurs activités pacifiques purgent de longues peines. Waleed Abu al-Khair, par exemple, est un avocat condamné à 15 ans de prison en 2014, uniquement en raison de sa dénonciation des violations des droits humains lors d’entretiens dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Arabie Saoudite
Régime Monarchie absolue de droit divin
Roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud
Superficie 2 149 690 km 2
Population 28 571 770 hab.
Capitale Riad
Peine de Mort OUI
Torture OUI
Conventions ratifiées L’Arabie saoudite n’a ratifié ni la Convention contre la torture de l’ONU ni le Pacte relatif aux droits civils et politiques (ICCPR)

L’Arabie saoudite a exécuté plus de 650 personnes depuis son précédent examen périodique universel en date de 2013, dont plus de 200 pour des infractions liées à des stupéfiants. Les normes internationales, y compris la Charte arabe des droits humains, ratifiée par l’Arabie saoudite, imposent aux pays qui appliquent la peine capitale de n’y recourir que pour les « crimes les plus graves » et dans des circonstances exceptionnelles