Aujourd’hui on torture ! …
En cet instant même, en de nombreux endroits du monde, et chaque jour, des hommes et des femmes, condamnés à la peine capitale, sont exécutés. C’est ce que nous apprennent les statistiques de l’horreur.
Pour un engagement inconditionnel pour l’abolition de la torture et de la peine de mort, l’ACAT se mobilise sans restriction
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· Contre la torture
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· contre les « disparitions » d’êtres humains
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· contre tout traitement inhumain ou dégradant
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· contre la peine de mort.
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L’ACAT, grâce à un réseau de relations à l’échelle du monde entier, permet aux chrétiens et aux Eglises de se mobiliser pour l’abolition de la torture et de la peine de mort Elle compte y parvenir.
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· Vigilants, nous réunissons des informations.
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· La forme concrète de notre engagement : des campagnes de lettres et les intercessions par la prière ainsi que la sensibilisation de notre entourage.
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Chrétiennes, chrétiens —engagés en faveur de la dignité de la personne humaine
Pour les chrétiens, notre dignité d’êtres humains se fonde sur la foi en Dieu, qui a créé l’être humain à son image. L’ACAT -. l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture - a été créée pour que, dans les Eglises aussi, on agisse concrètement pour que disparaissent la torture et la peine de mort.
L’interdiction de la torture n’est pas une "manie occidentale" Tous les pays du monde, au moins officiellement, condamnent son utilisation. Un interdit essentiel pour la survie de l’humanité.
Dès l’Antiquité, les voix n’ont pas manqué pour protester contre la torture alors utilisée systématiquement et admise légalement pour obtenir l’aveu de l’inculpé. Montaigne, au 160 siècle, en parle comme d’un moyen "plein d’incertitude et de danger". Quelques décennies plus tard, des prêtres et des religieux s’appuient sur l’Evangile pour rédiger un réquisitoire contre elle. En 1764, le juriste italien Beccaria, dans son Traité des délits et des peines condamne toute utilisation de la torture.
Les philosophes "des lumières", au 18’ siècle, exigent son abolition au nom de la liberté et de la dignité de l’homme. En France, l’abolition est acquise par une décision de Louis XVI (1788> puis confirmée par un décret de la Constituante (1789>. Elle n’est plus pratiquée en Europe pendant le siècle suivant, mais ressurgit avec le nazisme en Allemagne.
1948: ‘Nul ne sera soumis à la torture...
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la condamnation des horreurs nazies est unanime et le désir de prévenir tout retour à la terreur partagé par tous. Aux motivations humanistes — l’homme ne peut avilir un autre homme —s’ajoutent maintenant des motivations politiques quand un État utilise le terrorisme, il perd toute légitimité pour lutter contre le terrorisme. Du coup, les États souverains du monde acceptent la Charte des Nations Unies de 1945 et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 qui parle de "la dignité inhérente àtous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables". Cette notion de dignité humaine, reprise à Helsinki, en 1975, permet de condamner tout acte de torture. (L’ACAT désigne par "torture" tout acte entraînant une souffrance aigué ou une atteinte physique ou mentale délibérément portée à une personne soit par des agents de la force publique ou à leur investigation, soit par des groupes agissant au nom d’un projet politique ou idéologique, afin d’obtenir de la personne un comportement qu’elle n’aurait pas librement.)
1972: la campagne d’Amnesty International
«La torture deviendra aussi impensable que l’esclavage» tel était le slogan d’Amnesty International, organisme fondé en 1961, en pleine guerre froide, pour défendre tous les prisonniers d’opinion en s’appuyant sur la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par les Nations unies. Sa première campagne mondiale, en 1972, consistait, en s’appuyant sur une solide documentation, à organiser la dénonciation des tortures et la mobilisation de toutes les bonnes volontés contre elles. Une pétition recueillant plus d’un million de signatures est déposée à‘ONU. Une conférence internationale sur ce sujet est réunie à Paris, en 1973.
Dans ces années 70-80, d’autres ONG (Organisations Non Gouvernementales) combattant également pour les droits de l’homme se mobilisent, dans des conditions souvent très difficiles "Vicaria de la Solidaridad" au Chili, "Free Legal Assistance Group" (FLAG) aux Philippines, les groupes "Helsinki" dans les pays communistes européens... Ces organisations déposent des plaintes au nom des victimes auprès des tribunaux, informent l’opinion publique mondiale, dénoncent les dictatures et appellent à la solidarité.
1984: La Convention contre la torture de l’ONU
Ces pressions aboutissent à un premier résultat en 1984, l’Assemblée Générale de ‘ONU adopte la Convention contre la torture et autres peines ou traitements, cruels, inhumains ou dégradants. En 1985, la Commission des droits de l’homme nomme un rapporteur spécial sur la torture. Celui-ci peut intervenir partout, rendre compte à tous des faits dont il a connaissance, mettre en place une procédure d’urgence pour intervenir immédiatement. Il arrive enfin que le rapporteur visite des lieux de détention d’un pays, avec son accord, et lui fasse des recommandations. Toutefois, l’idée d’un tribunal pénal international, lancée en 1945, est à nouveau àl’ordre du jour.
1987: Le Comité européen pour la Prévention de la Torture
Un banquier suisse, réaliste et philanthrope, Jean-Jacques Gautier, eut l’idée d’un système d’inspection des lieux de détention, sans accord préalable et par un comité indépendant. Le projet, défendu par les ACAT et d’autres associations, devient une convention européenne en 1987, mise en place dans le cadre du Conseil de l’Europe. Ce Comité européen pour la Prévention de la Torture (CPT) a révélé que si la torture n’était guère pratiquée en Europe, sauf en Turquie, les mauvais traitements et autres violations des droits de l’Homme sont néanmoins fréquents. La "réussite" du CPT est réelle puisque 29 Etats en font partie.
L’ONU envisage un système similaire pour l’ensemble des pays du monde. C’est ce CPT qui, en janvier 1996, a dénoncé les conditions de détention au "dépôt" des étrangers de la préfecture de police de Paris. Hygiène insuffisante, étroitesse des cellules, éclairage trop faible, ventilation inadéquate... Le "dépôt" de Paris, dénoncé depuis des années pour son insalubrité a fermé quelques mois après l’avis du CPT. Une opiniâtre dénonciation peut donc atteindre son but lorsqu’elle est relayée par des organismes officiels !

La peine de mort
Chine, Etats-Unis, Iran, Japon, Soudan…Point commun entre tous ces Etats : la peine de mort est prévue dans leur code pénal et est toujours utilisée. D’autres Etats ou groupes politiques violent pareillement le droit à la vie mais hors de tout processus judiciaire.
Le 18 décembre 2007, l’Assemblée générale des Nations unies a voté avec une forte majorité une résolution appelant à un moratoire sur l’application de la peine de mort dans le monde.
Cette résolution, soutenue par 104 pays sur les 187 de l’assemblée générale, est une indication claire que la tendance en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort est désormais irréversible.
91 % des exécutions recensées ont eu lieu en Chine, aux Etats-Unis, en Iran, au Pakistan et au Soudan.
Aux Etats-Unis….
La peine de mort est utilisée par 38 Etats sur 51. Le nombre d’exécutions est en baisse ces dernières années : 71 en 2002, 65 en 2003, 59 en 2004, 53 en 2006 et 42 en 2007.
De manière générale le mouvement abolitionniste a enregistré des avancées considérables : depuis mars 2005, la peine de mort n’est plus appliquée pour des mineurs au moment des faits.
Il en est de même pour les malades mentaux.
Dans un certain nombre d’Etats de l’Union, les exécutions ont été suspendues de fait en raison de recours en justice et de préoccupations liées à la pratique des injections létales.
…et dans d’autres pays
Se réfugiant derrière une opinion majoritairement favorable à la peine capitale, le Japon continue d’y avoir recours. La Russie, en revanche, a promis de l’abolir. En Chine (record du nombre d’exécutions), les organes des condamnés sont prélevés et commercialisés, à l’insu des familles.
Au Nigéria et dans bon nombre de pays africains, les condamnations à mort sont prononcées par des juridictions d’exception sans possibilité de recours. En Egypte, 70 sentences capitales ont été prononcées entre 1993 et 1996 et 48 exécutions ont eu lieu, alors même que des magistrats égyptiens s’étaient élevés contre l’illégalité des procès, les condamnés ne bénéficiant d’aucune assistance judiciaire convenable. En Iran, où les exécutions ont lieu en masse et en public, sont passibles de peine de mort le trafic de drogue, l’adultère ou l’appartenance à des groupes d’opposition. Et, dans ce dernier cas, ceux qui sont exécutés ne s’étaient livrés bien souvent qu’à des interventions politiques non violentes.
Des exécutions sommaires
Dans certains pays, la peine de mort est en réalité de l’assassinat pur et simple permettant aussi bien d’éliminer un opposant gênant que des groupes humains entiers. Dans le cas de ces exécutions secrètes et pratiquées sans jugement, ou intervenant à l’issue d’un procès bâclé et inique, on parle d’exécutions extra-judiciaires. Il s’agit en fait de «meurtres délibérés, perpétrés hors de toute légalité sur l’ordre d’un gouvernement ou avec sa complicité, pour des motifs politiques >.
Les guerres non encore réglées en ex-Yougoslavie, en Tchéchénie ou ailleurs, au-delà des centaines de milliers de morts qu’elles ont déjà provoqués, rappellent combien, lorsque la haine et la discrimination raciales s’intensifient, la torture, le viol et toutes les violations des droits de l’homme, sont pratiqués sans entrave.
Dans certaines régions, la liquidation d’un peuple se couvre de prétextes religieux ou politiques Karens en Birmanie, Noubas au Soudan, Baha’is en Iran, Ouïghours en Chine, Papous, Tibétains, Arméniens et Kurdes...
Ailleurs, on massacre pour de sordides raisons économiques
Masaïs au Kenya, Ayoreos au Paraguay, Nég no-Africains en Mauritanie, indiens du Guatemala ou du Mexique... Mais toutes ces minorités, victimes, depuis plusieurs décennies, d’un même et lent processus de destruction, subissent les pires discriminations tortures des leaders, spoliations foncières, harcèlements judiciaires, pillages des ressources naturelles, destructions des villages, déplacements des populations vers des camps, viols systématiques des femmes...
Assassinats d’enfants
Au Brésil, en Russie, aux Philippines ou en Roumanie, etc, des enfants parfois âgés de moins de 6 ans, poussés dans la rue par la misère, l’abandon, et la guerre sont assassinés et maltraités. Sous prétexte des actes de délinquance qu’ils commettent, des "escadrons de la mort" ou des tueurs à gages bénéficiant de la complicité des autorités, les font purement et simplement disparaître. Ces enfants sont également victimes de répressions cruelles, de viols et de traitements dégradants.
Disparitions forcées
Depuis que la majorité des pays d’Asie, d’Amérique latine ou d’Afrique s’affichent comme démocratiques, le nombre des prisonniers d’opinion a considérablement baissé. Mais celui des <‘disparus» ne cesse d’augmenter.
On a commencé à employer ce terme de "disparition forcée" pour décrire une pratique gouvernementale d’enlèvements politiques, perpétrés par la police, les forces de sécurité ou des escadrons armés, et appliquée à grande échelle. Ainsi, au Guatemala après 1966, au Chili après 1973 et en Argentine à partir de 1976, la famille du "disparu" était souvent témoin de l’arrestation effectuée par des policiers, en uniforme ou en civil. Aujourd’hui, ce terme est utilisé àchaque fois que l’on a de bonnes raisons de penser qu’une personne est détenue par les autorités gouvernementales, même si celles-ci le nient et refusent d’ouvrir une enquête. C’est ce qui se passe dans bon nombre de pays africains où le gouvernement a lancé, à l’occasion d’une tentative de coup d’État ou d’assassinat, une vaste campagne d’arrestation des opposants politiques en ignorant totalement la légalité.
Un phénomène en pleine expansion
Un Britannique disparu dès son arrivée sur l’aéroport d’Alger. Un journaliste zaïrois arrêté chez lui qui ne réapparaît plus. Des paysans soudanais détenus en secret dans les montagnes de Nuba...
Dans son rapport de 1996 sur "les disparitions forcées ou involontaires", l’ONU a eu connaissance de 43 500 cas pour la période de 1974 à 1994 auxquels se sont ajoutés 824 cas depuis 1994.
Mais le nombre total de disparitions à travers le monde est certainement bien supérieur. Rien qu’au Sri Lanka, on constate 10134 disparitions en 1989 et 1990... Ces disparitions concernent aujourd’hui 73 pays, presque deux fois plus qu’il y a seulement cinq ans. Et ce, alors qu’une "Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées" a été adoptée par ‘ONU, en 1992. Parmi ces pays, certains, tels l’Angola, la Colombie et le Maroc, ont accepté une mission d’enquête. D’autres, comme la Turquie ou l’Inde, les refusent toujours.
La souffrance des familles
"Disparaître", c’est ne plus être vu, ne plus être là ou ne plus être du tout. Pour les proches, cette absence angoissante provoque un état de choc prolongé et se traduit par un sentiment d’impuissance et une incertitude paralysante. Pour les enfants, dont le parent restant est occupé à rechercher le "disparu", l’avenir s’arrête. Quant à ceux dont les deux parents ont été enlevés, généralement dans des circonstances violentes, ils souffrent gravement d’abandon et d’insécurité. Une étude au Chili portant sur 200 enfants de "disparus", âgés de moins de 12 ans dans les années 1973-77, a montré que 78% d’entre eux présentaient des symptômes d’inadaptation sociale, 78% souffraient de frayeurs et troubles du sommeil et 70% de dépression...
Traitements inhumains
Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Italie, Espagne... Aucune police n’est à l’abri de la tentation de la cruauté, comme en témoignent réguliérement les rapports sur les droits de l’homme,
Le terme de "traitements cruels, inhumains ou dégradants" utilisé par la Commission des droits de l’homme, recouvre une grande diversité de pratiques, depuis le châtiment corporel jusqu’à la détention de mineurs avec des adultes. Selon l'ONU, il existe un "certain flou" entre la torture proprement dite et ces autres traitements ou peines.
En Europe aussi...
Un rapport de l’ONU, en 1995, signale de nombreuses plaintes reçues par les gouvernements européens. Au Danemark, l’utilisation par certaines unités de police d’une méthode d’immobilisation particulièrement douloureuse, connue sous le nom de "clé aux jambes", aurait entraîné des lésions nerveuses durables dans les épaules, les bras et les mains de prisonniers. De même, plusieurs cas de mauvais traitements sont signalés dans des commissariats de Genève et dans diverses prisons britanniques, italiennes, espagnoles et portugaises. Ces traitements cruels et dégradants ne sont pas à proprement parler des tortures mais ils participent d’une même logique tortionnaire et peuvent le devenir s’ils se généralisent. C’est pourquoi les experts restent attentifs à ces plaintes, même lorsqu’elles paraissent mineures en comparaison des violations des droits de l’homme commises ailleurs dans le monde.
Esclavage et punitions corporelles
À travers le monde, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont toujours maintenus en esclavage, ne recevant pour seul salaire que coups et privations. En Chine, des prisonniers sont ainsi exploités dans des camps de rééducation, les fameux "laogaï". Ils contribuent, dans des conditions inhumaines, au développement du système économique chinois et au commerce international. De même, en mars 1995, au Soudan, 200 enfants étaient enlevés par les militaires pour être utilisés comme esclaves.
Quant aux pays arabes du Golfe Persique, on sait quel sort ils réservent à leurs "travailleurs immigrés" philippins ou indonésiens...
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